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| Yasmine |
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photo : Emeline Chabanne "De père algérien, je suis venue à la danse orientale par besoin viscéral de renouer avec mes racines arabes. Lorsqu’en 93 j’ai commencé les cours de Marouschka, merveilleuse danseuse d’origine manouche, c’est pourtant la douleur que j’ai découverte avec cette danse. Non pas physique (la danse orientale ne blesse pas le corps) mais intérieure. Bloquée des pieds à la tête, très mal à l’aise dans mon corps, totalement rigidifiée, j’étais tout sauf douée. Petit à petit, tout en poursuivant d’intenses activités professionnelles dans l’audiovisuel, j’ai travaillé à dénouer ce corps que je détestais tant et j’ai énormément appris.
Après un arrêt de plusieurs années, je suis revenue à la danse en 2002, avec une grande ardeur. Je pratique cette danse depuis maintenant 7 ans. J’enseigne tout en continuant à me former car il me semble que l’on peut aller très loin dans cette danse puissante, profonde et joyeuse, dont j’ai l’impression de n’avoir appréhendé qu’une petite partie. Elle me fascine et elle est devenue nécessaire à mon équilibre. Elle m’émeut lorsqu’elle est dansée dans sa justesse, comme je suis touchée au sens profond du terme par la grâce infinie d’Anouk, la rapidité stylisée de Marilyne, la fluidité rayonnante de Nuria. Je trouve également que toutes les femmes devraient s’initier, ne serait-ce qu’un temps, à la danse orientale. En effet, comme elle centre et ancre, elle autorise tous les corps à exister et à se révéler. "
photos : Mehdi Megoud Sur
les abîmes insondés Chasseresse de comètes! Denizé Lauture
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